ASinivia

FENÊTRE SUR CRÉATION
   mercredi 14 mars à 19h30 à La Briqueterie
 

Alvise Sinivia, ERSILIA
forme performative suivie d'un échange avec l'artiste
durée totale : 1h 

En 2008, une douleur persistante dans mon majeur droit devint source d’ennuis, et ne pouvant jouer comme auparavant ma main trouvant mille subterfuges se contorsionna pour toujours actionner les touches du piano ; mais d’une manière étrange. Rapidement, mon coude se fit musicien, puis le bras, l’épaule, tous voulurent s’exprimer. Mon membre supérieur gauche jaloux de cette liberté imita bientôt son homologue - peu à peu mes jambes, mon thorax, mon bassin entrèrent dans la danse et cette manière d’aborder le piano fut une nécessité.

 Le mouvement prit une place centrale. Depuis lors, les projets que je développe mettent en relation le son et le corps tout entier.

 D’un empirisme revendiqué, mon travail se nourrit de contraintes à dépasser, tel mon doigt rebelle. Mais il s’approprie aussi les fruits du hasard : les nombreux pianos abandonnés glanés de part et d’autre, les potentialités d’un lieu particulier.
 
 

 

 

  
 

 

 
Le point de départ de Ersilia est le dispositif, à la fois sonore, scénographique et chorégraphique.

J’ai démantelé des pianos à bout de souffle, ne gardant que la table d’harmonie, soit les viscères, les organes. Ces cadres-cadavres sont devenus de purs corps résonnants. Liées par des fils de nylon les cordes ne peuvent émettre un son par elles-mêmes, cependant la vibration de l’une entraîne indéfectiblement la corde sœur d’un autre instrument éloigné de plusieurs mètres.

Évoluant dans l’espace intermédiaire ainsi créé, je me déplace le long de ces fils. Lorsqu’ils sont frottés, pincés, touchés, ils transmettent leurs vibrations aux cordes, puis aux cadres, et mettent les tables d’harmonie en résonance.

Dans la continuité de mes précédentes créations, le but de ce dispositif est encore de trouver de nouvelles manières de lier mouvement et son. Je cherche comment l’engagement intégral du corps peut produire de la musique et comment ce jeu engendre du geste en retour : l’interdépendance geste-son propre à toute pratique instrumentale est ici portée à son paroxysme. Mon travail n’est qu’une amplification de cette relation, soit le corps devenu un archet vivant.
Alvise Sinivia

Création au Théâtre de Vanves, automne 2018
 

 

 

 


  


 




 

 

 

 

Projet développé dans le cadre de la résidence à la Villa Medicis (2016-2017)


création Alvise Sinivia
regard extérieur David Drouard

En savoir + sur l'artiste

La Fenêtre sur création est
en entrée libre
sur réservation
01 46 86 70 70  - reservation@alabriqueterie.com