Migrant Bodies - 2013-2015
L'idée... 
Aujourd'hui, le monde occidental n’est pas le seul à être traversé physiquement par une population sans nationalité ou territoire qui représente en soi, de par ses chiffres, quasiment la taille d’un continent : la population de migrants. Poussés par la faim, fuyant la guerre, par peur ou par choix, les migrants portent tous leur corps, leur territoire. Ils trouvent parfois un endroit où s’arrêter, le temps d’une collocation temporaire, mais le seul véritable endroit où ils se sentent chez eux, pour chacun d’eux, reste leur corps. Le corps représente aujourd'hui un territoire mobile qui conserve les caractéristiques physiques et symboliques qui se développent comme les réseaux virtuels. Les vastes déplacements continus et, d’un certain point de vue, incontrôlables des migrants créent un réseau de connexions culturelles et physiques qui s’étend aux quatre coins du monde.


Chacune des cinq villes partenaires est marquée par sa propre histoire de migration. Les immigrations et émigrations ont eu des conséquences différentes dans le passé, et plus récemment dans l’histoire des cinq territoires des organismes porteurs du projet, ayant une influence et des conséquences sur les scènes démographiques, sociales, culturelles, artistiques, économiques et politiques. De plus en plus, les migrants sont des éléments constitutifs de notre perception de soi et essentiels pour comprendre et changer notre regard sur l’autre ; ils sont les piliers fondamentaux de la construction de notre nouveau sentiment de citoyenneté multiculturelle et de notre appartenance aux nouvelles sociétés dynamiques et en pleine évolution.


Parallèlement, dans les sociétés qui se définissent elles-mêmes comme toujours plus complexes et diversifiées, il devient nécessaire d’établir un dialogue constructif sur les différences culturelles, faisant ressortir leur valeur et leur créativité pour renforcer l'inclusion sociale et lutter contre la discrimination et les préjugés. Les partenaires estiment qu’il est temps de créer un laboratoire européen/canadien qui permettrait de s’interroger et de réfléchir aux codes dominants et aux principaux clichés en matière de migrations, et de l’intégrer dans la communauté au sens large à travers le langage universel des arts, dans le but de développer de nouvelles images et de recueillir ensemble de nouvelles idées.


Les partenaires du projet Migrant Bodies ont décidé de s’atteler à cette réflexion culturelle, politique et civile en partant du corps de l'artiste, considéré comme le support culturel idéal pour étudier et incarner les nouvelles identités qui migrent souvent à travers les territoires et les continents.